Du Fromage français au Japonun maître-fromager de Boulogne-sur-mer vend par correspondance au Japon des fromages fermiers français.

Comment faire pénétrer le fromage au Japon quant ce mot n'existe même pas dans la langue nippone. L'anglais "cheese" a été adopté, et que sa consommation moyenne s'élève à 150 grammes par an et par individu, pour 25 kilos en France ?

Un boulonnais de trente-sept ans, Philippe Olivier, y parvient en faisant preuve de beaucoup d'imagination. Ainsi, mardi dernier, 153 boîtes de 1,2 kilo, contenant six variétés de fromages français (cantal, chèvre, brillât-savarin, Beaumont et le bleu de Bresse) ont-elles quitté Roissy à destination de Tokyo par l'intermédiaire de M.S-Sélection Export de Rungis, spécialisé dans l'export et de produits alimentaires.

Philippe Olivier N'est pas novice. On le classe comme le plus jeune des grands maîtres-fromagers, dont-il est vice-président.

Sa renommé lui a permis de perdre contact avec Chesco, le plus gros importateur de fromages français au Japon : "La cuisine japonaise, explique Philippe Olivier, ne connaît pas les goûts et les saveurs fortes, mais il existe parmi les cadres, les membres de professions libérales  et le plus globalement les classes aisées, un désir de vivre à l'européenne. Un certain nombre de jeunes cadres ont envie de devenir directeur d'une succursale en Europe, et veulent démontrer à leurs patrons qu'ils connaissent les us et coutumes du Vieux Continent".

UNE BRECHE DANS LE MARCHE

Le fromage est donc aussi un élément de notre culture. C'est sous cet angle que le maître-fromager boulonnais s'attaque au marché japonais, où il pénètre par l'intermédiaire d'une

filiale de Chesco, la société Karin, premier groupe brassier nippon, mais aussi société de vente par correspondance distributrice de produits alimentaires. Désormais, celle-ci a introduit les fromages français parmi ses produits : 400 000 Japonais se voient donc offrir chaque mois les fromagers fermiers choisis au mieux de la saison de production.

L'opération a débuté en décembre dernier. Plus d'un millier de boîtes de un kilo ont déjà été expédiées. Modestes débuts sans doute, mais qui ouvrent une brèche dans un marché fermé et permettant d'associer la sophistication japonaise à la tradition française.

Une tradition qui se paie cher à Tokyo : étant daubé les coûts de transports, du contrôle vétérinaire et les frais d'emballage, la boîte de fromages de 1,2 kilo coûte 400 francs, quand elle revue à cent francs au départ. Au pied du Fuji-Yama, le Chaource est un demi-Dieu.